A Strasbourg, le Château Vodou, un monde magique

C’est en effet là que se trouve l’un des musées les plus prestigieux de France, où nous allons découvrir le mystère qui se cache derrière cet art ancien – et l’histoire d’un collectionneur extraordinaire qui l’a préservé pendant plus de 70 ans…

La magie commence au pied de l’escalier : la première pièce est décorée de rayures noires et blanches, avec des murs nus, une table et des chaises en métal et un poêle noir, comme une gare abandonnée, une grotte sombre où le temps semble s’être arrêté.

Et pourtant, en tournant lentement la tête, on peut voir qu’il y a des tableaux sur les murs : de petits dessins à la peinture à l’huile qui nous parlent d’une petite fille et de sa famille, de leur vie quotidienne, telle qu’ils la vivaient ici il y a plus de cent ans, avant la Première Guerre mondiale, au début du XXe siècle, à la Belle Époque…

Retour aux racines africaines

Dans un sens, oui, mais pas comme vous pourriez le penser !

La première chose à savoir sur le vodou est qu’il est né du besoin de survivre des esclaves africains qui avaient été transportés vers le Nouveau Monde entre 1501 et 1791 par les colonisateurs français, puis libérés par les Américains après 1804 (date de l’abolition de l’esclavage par la Constitution). Cette religion a pris forme pendant leurs années de servitude, lorsqu’ils ont découvert le pouvoir des esprits et la nécessité de les apaiser pour assurer leur survie et leur protection ; et à partir de là, ces esprits sont devenus le thème central de la foi, avec la musique, la danse et d’autres pratiques religieuses qui sont encore pratiquées aujourd’hui, même si certains aspects ont changé au fil du temps, comme les noms des divinités ou les principaux symboles utilisés dans les cérémonies : croix, étoiles, serpents, grenouilles, lézards, etc… C’est également le monde des esprits qui permettait aux Africains de communiquer entre eux en secret et sans la menace d’une punition ; en effet, le mot « vaudou » signifie « l’œuvre des esprits ».

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De la magie à la religion, il n’y a qu’un pas

L’exposition présente le cas du Brésil et de ses religions syncrétiques (Vodou, Umbanda, Candomblé). Au début des années 1990, après de nombreuses années d’isolement, ces religions ont refait surface dans le pays, parallèlement à un retour aux religions indigènes traditionnelles, par la création de temples, de centres de guérison et d’autres institutions religieuses qui se sont développées au cours des dernières décennies pour servir des milliers d’adeptes qui se sentent en affinité avec ces traditions et recherchent leurs manifestations dans la vie et les pratiques sociales, bien qu’ils ne croient pas nécessairement à toutes ces religions ; ils utilisent le terme « syncrétisme ».

Malgré cette diversité, certains traits communs se dégagent 

: les acteurs principaux sont des femmes, les rituels se déroulent dans la nature, et ils abordent des problèmes pertinents pour la vie quotidienne, comme la guérison, la fertilité ou l’amour, mais posent aussi la question « Quel est le vrai Dieu ? ». Si certaines personnes qui pratiquent ces religions sont convaincues de l’existence d’un dieu unique, d’autres pensent que chaque manifestation n’est qu’une autre façon d’adorer le même dieu.

Egungun: qu’est ce que c’est ?

Le terme « egungun » fait référence à une « force vitale » qui existe dans chaque être vivant et qui était présente à l’origine dans la nature avant que les êtres humains ne soient créés par Dieu, c’est-à-dire au début des temps, lorsque les humains venaient de sortir de la mer et que le soleil brillait sur eux (voir Genèse 1). L’egungun existe dans tous les êtres vivants parce qu’ils sont constitués de la même matière fondamentale que tout le reste – l’eau et l’air – bien qu’il soit impossible de la voir car elle est invisible à l’œil nu et constituée de molécules trop petites pour être détectées par un instrument physique tel qu’un appareil à rayons X ou un microscope.

Sa nature est de bouger, d’agir et de faire bouger les choses, c’est pourquoi on l’appelle la « force vitale ». Sa caractéristique la plus importante est qu’elle est éternelle et impérissable, contrairement à d’autres forces telles que l’électricité et le magnétisme qui ont une durée de vie limitée et peuvent être utilisées au cours de leur vie, c’est-à-dire qu’elles meurent après un certain temps.

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Egungun et le vodou

Dans son livre « Voodoo : The Religion Of Black Power » James Haskins affirme que le vodou a deux sources principales : Il trouve ses racines dans la religion apportée par les Africains en Haïti pendant l’esclavage, mais ce n’est qu’une partie de son histoire ; l’autre source est la spiritualité africaine, en particulier celle de l’Afrique de l’Ouest, où elle était pratiquée depuis des milliers d’années avant que les Européens n’arrivent aux Amériques et ne la transportent avec eux dans le Nouveau Monde.. Il mentionne également l’influence de la Santeria, une religion afro-cubaine syncrétique, sur la pratique du Vodou.

Haskins mentionne également l’importance des vèvè, les amulettes utilisées dans le Vodou.

Selon Haskins, le vodou a été introduit en Haïti à la fin du XVIe siècle, lorsque les colonisateurs français ont commencé à introduire le catholicisme dans le pays, afin que celui-ci devienne la religion d’État officielle (ainsi que la religion dominante). Au début, cependant, les missionnaires catholiques n’étaient pas autorisés à faire du prosélytisme parmi les esclaves, de peur que cela n’entraîne une rébellion et une effusion de sang ; au lieu de cela, ils enseignaient le catholicisme aux esclaves à l’aide de la Bible, qui était traduite en créole (un mélange de français, d’espagnol et de langues caribéennes) : Père, Fils et Saint-Esprit, qui a créé le monde, les cieux et la Terre, et que tous les hommes sont égaux devant Dieu, indépendamment de leur race ou de leur sexe (un concept connu sous le nom de monothéisme). Cet enseignement était destiné à faire croire aux esclaves que le christianisme était la seule vraie foi et à leur apprendre comment se comporter les uns envers les autres (en respectant les droits des autres). Cependant, cela n’a pas très bien fonctionné, car les esclaves ont vite compris que les enseignements du catholicisme étaient en contradiction avec les croyances des vodouisants, et ils ont refusé de changer leurs habitudes.

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D'un naturel curieux, je vous propose une actualité de la ville de Strasbourg et sa région. Parfois légère, parfois impertinente et parfois surprenante, découvrez en plus sur l'une des plus belles villes d'Alsace !

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