ZFE et Crit’Air : pourrez-vous rouler à Strasbourg en 2023 ?

Dans la lutte pour la réduction de la pollution atmosphérique partout en France, l’Eurométropole de Strasbourg continue d’agir et multiplie les mesures. Strasbourg tente d’ajuster l’équilibre futur de la ZFE, la zone à faibles émissions. Le couperet est tombé récemment concernant la dernière mesure qui entrera en vigueur en 2023 : des milliers de voitures vont être disgraciées et ne pourront plus rouler dans la métropole en 2023, sous peine d’une amende minimum de 68 euros. Le porte-parole de la Ligue de Défense des Conducteurs réagit.

Nouvelles interdictions en vue, les véhicules strasbourgeois avec une vignette Crit’ Air 5 ne pourront plus circuler dès janvier 2023

Cette nouvelle mesure va impacter en majorité les automobilistes qui disposent d’une vignette Crit’Air 5. Pour rappel, cette vignette concerne les voitures et véhicules utilitaires diesel dont leur immatriculation se situe entre 1997 et 2000. Elle concerne aussi les poids lourds et les bus immatriculés entre 2011 et 2006.

Les véhicules non classés qui ne disposent pas de vignette seront aussi considérés « inaptes à la circulation » à partir de janvier 2023. Le Conseil de Strasbourg confirme dans la volée que les autres vignettes vont aussi connaître des restrictions et des interdictions dans le futur, à savoir : la vignette Crit’Air 4 en 2025, la Crit’Air 3 en 2025 et la Crit’Air 2 en 2028. La date de cette dernière n’est pas encore totalement confirmée. Un flou, peut-être mûrement réfléchi par la présidente de l’Eurométropole, en vue des élections municipales qui tombent en 2026.

Une évaluation de l’impact de la ZFE en prévision des mesures de 2023

Un Comité de suivi de la ZFE vient d’être réuni en mai 2022 afin d’étudier l’impact de la mise en place de la zone de faibles émissions. Grâce à un observatoire, le Comité sera chargé d’analyser les indicateurs de pollutions afin de garantir que l’efficacité des zones est bien au rendez-vous.

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Si les résultats sont concluants, ils devraient souligner l’importance de la restriction des vignettes une par une, jusqu’à l’obtention d’un taux de pollution moindre en métropole. 

« L’étau se resserre sur les conducteurs », déplore Alexandra Legendre

Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de Défense des Conducteurs pointe quant à elle du doigt l’injustice de telles mesures restrictives. Selon la Ligue, le parc automobile en France reste très largement diésélisé avec plus de 57% des véhicules français qui roulent au diesel. Alors que la vente de voitures neuves au diésel diminue en moyenne de 3,4% chaque année au profit des alternatives hybrides, la présence sur le marché de « vieilles voitures diesel » est en hausse.

Les véhicules d’occasions sont souvent immatriculés avec une date assez antérieure qui peut correspondre au Crit’Air 5 et ainsi recevoir de plein fouet les restrictions à venir en 2023. Alexandra Legendre partage son inquiétude « les Zones à faibles émissions (ZFE) créent des inégalités de traitement entre conducteurs qui renvoient directement à la question des inégalités sociales. »

En effet, « le prix est le critère fondamental lors de l’achat d’une voiture d’occasion. » Les Français sont moins enclins à dépenser une grande somme dans des véhicules et optent ainsi pour des véhicules d’occasions. 

Nour E. Bakhos

Rédactrice depuis plus de trois ans, l'actualité, l'entreprenariat et l'histoire sont mes passions. Flâneuse, bosseuse et amoureuse de l'écriture, je sillonne le web sans jamais m'en lasser !

Une réflexion sur “ZFE et Crit’Air : pourrez-vous rouler à Strasbourg en 2023 ?

  • mai 27, 2022 à 3:31
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    Au pays de la liberté, de l’égalité et la fraternité, ces mots n’ont plus vraiment aucun sens.
    Il vaut mieux être financièrement aisé et rouler en grosse cylindrée estampillée crit’air 1, quitte à lâcher du Co2 à la pelle plutôt que d’être au smic et être interdit de ZFE parce qu’on a pas les moyens de s’offrir un véhicule récent, même s’il s’agit d’une petite citadine peu puissante.
    Ras le bol de ce décalage entre réalité et utopie de nos dirigeants que le peuple doit supporter.
    Je comprends bien les enjeux écologiques, bien réels, mais que l’on nous donne de vraies alternatives plutôt qu’un chèque pour un vélo électrique si l’on amène sa voiture à la casse.
    Bien pratique en hiver, pour faire ses courses ou encore aller travailler quand un trajet voiture de 20min se transforme en aventure entre transports en communs et randonnée de 2h.

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